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Sézanne au fil du temps

 

Église Saint-Denis vue des coteaux viticolesSi vous vous promenez dans Sézanne, au rythme de la balade, en regardant tout autour de vous et en levant les yeux, vous aurez sans doute un peu l'impression de remonter le temps : l'Histoire en effet a marqué la cité de son empreinte au long des siècles.

Les origines de la ville sont lointaines, un peuplement ayant laissé d'indéniables vestiges dès l'âge de pierre, et confirmées à l'époque gauloise et gallo-romaine. Sézanne était alors une agglomération relativement importante, située un peu plus au nord-est de l'actuelle implantation, au pied des coteaux qui fournissaient l'argile nécessaire aux tours des potiers, seule industrie sézannaise en ces temps reculés.

Fortifications de SézanneAprès les grandes vagues d'invasion, qui anéantirent la ville, le renouveau se fit à compter du Xème siècle : reconstruite à l'emplacement que nous connaissons, Sézanne prit de l'ampleur, notamment grâce aux moines de Saint-Julien qui, par une dérivation du Grand Morin, permirent à une douzaine de moulins de tourner, et assurèrent enfin une alimentation en eau suffisante pour les habitants. C'est aussi à cette date que le comte Thibaud Ier de Champagne fit construire un château et des fortifications, et instaura deux grandes foires annuelles, celle de Pâques et celle de la Saint-Nicolas.Le château s’est transformé en prison, pendant la Révolution ; il a aujourd'hui presque entièrement disparu, seul reste le Prétoire, et le souvenir des fortifications encore bien tangible, puisque c'est l'exact tracé des mails ombragés qui font le bonheur des promeneurs.

Quant à la tradition de la foire de la Saint-Nicolas, elle est plus que jamais respectée, et ramène chaque année avec les premiers frimas l'odeur de pain d'épices et de châtaignes, les manèges et la grande braderie.

Sézanne se développe et étend ses faubourgs, accueille trois nouvelles églises, un Hôtel-Dieu, des couvents. Une ère de prospérité s'ouvre alors, qui, jusqu'au XIIIème siècle, fit de Sézanne l'une des plus importantes cités de Champagne.

Mais la guerre, contre le royaume de France d'abord, puis contre l'Anglais, après le rattachement à la couronne de France du comté - et donc de la ville -, marqua un coup d'arrêt brutal à cette fortune. Longue éclipse de cent ans, qui, avec son cortège de sièges, d'assauts, d'incendies et de trêves durement payées, appauvrit Sézanne, ruina les maisons et les monastères, dévasta les champs alentour, et anéantit les villages environnants.

Carte de Sézanne - évêché de Troyes - 1656

Au début du XVIème siècle, la misère régnait en la cité, qui, heureusement, au fil des années, retrouva peu à peu son aisance, puis sa prospérité. L'industrie reprit alors son essor, industrie du cuir, mais aussi fabrication et commerce du drap, et, déjà, la vigne, qui couvrait les coteaux et faisait pousser les pressoirs comme des champignons. L'Hôtel-Dieu pouvait accueillir les malades, et les lépreux trouvaient refuge à la Maladrerie. Les corps de métiers (chapeliers, vinaigriers, huiliers, meuniers, barbiers, médecins,...) étaient nombreux.

 Las ! la peste noire, puis la guerre encore (guerres de religions, cette fois), ravagèrent le pays sézannais : plus de commerces, des champs en friche, des habitants décimés ou en fuite, il fallut recommencer à bâtir, et les Sézannais s'attelèrent à la tâche avec courage.

C'est à cette époque (1592) que fut achevée l'église Saint-Denis, qui depuis cette date dresse fièrement sa tour bien haut, au-dessus du vallon et des coteaux de vigne.

La paix revint, et la réussite. Jusqu'à ce malheureux mois de mai 1632 qui vit, au jour de l'Ascension, Sézanne presque totalement détruite par un gigantesque incendie, alimenté par les maisons en bois aux toits de chaume et un vent violent. Désastre absolu, qui valut aux Sézannais la compassion et l'aide du Cardinal de Richelieu qui, passant quelques semaines après cette catastrophe, s'émut de ce sort cruel. 

Église Saint-Denis - plan de 1786

Les années s'écoulèrent, les rois succédèrent aux rois, Sézanne retrouva sa place et sa fortune, malgré les aléas des temps, les troubles, les soldats de passage, la maladie et l'incendie.  

À la veille de 1789, tout était paisible dans ce chef-lieu de bailliage riche de 121 paroisses, et les fortifications avaient peu à peu laissé la place à des promenades plantées d'ormes. Vint la tourmente révolutionnaire, qui offrit à la ville ses galons de district, et épargna relativement les Sézannais, plus prompts à discourir et à discuter qu'à guillotiner leurs prochains.

Par la Constitution de l'An VIII, Sézanne perdit son rôle administratif, et se trouva, comme aujourd'hui, rattachée à Épernay, chef-lieu d'arrondissement. Le Consulat et l'Empire passèrent, sans trouble particulier, jusqu'à la campagne de France, qui dévasta la contrée en 1814 et 1815.

Passons discrètement sur les errements des Cent Jours...

C'est une ville tranquille qui accueillit avec soulagement le retour de la royauté, et laissa couler les ans paisiblement, tout occupée à survivre et à nourrir ses habitants après tant de bouleversements, et à l'heure de la révolution industrielle. 1848, le Second Empire, l'invasion prussienne après la chute de Sedan, la IIIème République, la Belle Epoque, la Grande Guerre, puis la guerre de 1939-1945..., Sézanne s'accommode tant bien que mal des soubresauts de l'Histoire, et consacre ses forces à son développement. Elle bâtit un splendide marché couvert, cette Halle de style Baltard qui accueille le marché aux primeurs ; elle construit le Collège, devenu depuis l’Ancien Collège, centre socio-culturel ; elle repave ses principales rues (ce qui sera complété dans le centre-ville par l'actuelle municipalité, au début des années 80) ; elle ouvre un jardin public aux flancs de l'église, devant l'Hôtel de Ville ; elle érige une Caisse d'Epargne opulente sur la place du Champ-Benoist ; elle construit des écoles ; plus près de nous, ce sont deux piscines, un stade omnisports, une maison des sports, une cité scolaire, et même un cinéma. 

Promenez-vous doucement, et humez l'air : peut-être les vieilles pierres, les maisons aux briques rouges, les piliers élancés de la Halle, la maison "aux écailles de bois", ou le clocher de l'église, vous raconteront-ils l'histoire de Sézanne...

Le jardin de l'Hôtel de Ville

 

Place de l'Hôtel de Ville
51120 SÉZANNE
Tél. 03 26 80 59 01

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